Dimanche 21 septembre 2014
La onziéme question
Samedi 13 septembre 2014 – 21h03 – au moulin
 

1 – Est-ce que les rêves peuvent vaincre la réalité ou est-ce que la réalité, inévitablement, les démasquent ?

2 – Faut-il prouver la valeur d’un rêve, son efficacité, sa future rentabilité, son coût, ce qu’il rapportera pour que la réalité l’adopte  et le concrétise?

3 – Qu’est ce qui fait la différence, à l’instant où on rêve, entre celui qui se réalisera et un autre dont on décidera finalement qu’il ne valait pas le coup, et qu’on jettera aux oubliettes ?

4 – Est-ce que certaines personnes n’ont pas le besoin de réaliser leurs rêves, et pour cette raison,  - pour cette unique raison et non pas pour la qualité défectueuse ou la moindre intensité du rêve non réalisé – ne cherchent pas à les concrétiser ?

5 – Est-ce que certains rêves de certaines personnes sont plus valables que d’autres ?

6 – Est-ce qu’il y a des rêves inutiles, bêtes, méchants, ou qui fragilisent, qu’il ne faut pas réaliser ou qui ne servent à rien et même qui énervent parce qu’ils ne deviennent jamais réel, et à l’inverse des rêves qui font avancer, motivent, redonnent confiance, des rêves à abandonner et des rêves à garder ?

7 – Est-ce que les rêves qui se réalisent, si des rêves se réalisent, sont des bons rêves et ceux qui ne se réalisent pas seraient les mauvais ?

8 – Est-ce que du moment où un rêve est un bon rêve on peut avoir confiance dans le fait qu’on le verra naitre un jour, comme si il était prédestiné que ce rêve voit le jour sous prétexte qu’il est bon ?

9 – Quand on inclut une personne dans son rêve et que la réalisation du rêve dépend de sa présence, est ce que si elle disparait on peut la remplacer par une autre personne qui jouerait le même rôle ?

10 – Est-ce qu’un rêve doit être honnête ou peut-il mentir ou tricher, est ce qu’il raconte des histoires ?

12 - Est-ce que les rêves refusent d’évoluer si on ne les réalise pas ?

13 -  Est-ce qu’il y a des rêves normaux et des rêves malades qu’il faudrait guérir, des rêves qui  ne fonctionne pas bien, ou même pas du tout sans pourtant être des cauchemars, des rêves handicapés, bancals, des rêves pathologiques ?

14 – Est-ce qu’il existe des gens qui désirent que leurs cauchemars deviennent réalité ?

15 – Les rêveurs ont-ils plus de chance de voir aboutir leur rêve parce qu’ils rêvent souvent ou sont-ils tellement peu pragmatiques qu’ils ne peuvent que rarement les voir aboutir?

16 – Y-a-t-il des petits rêves et des grands, des insignifiants et des grandioses, certains qui méritent le succès, le partage, d’être divulgués, d’autres qui ont besoin d’ombre et de cachettes, des minuscules et des géants, des pachydermes imposants et des dentelles délicates ?

17 – Est-ce que certaines personnes ne rêvent jamais, n’ont jamais rêvés, ne rêvent plus, rêvent mal ou même en essayant avec beaucoup de bonnes volonté n’y arrivent pas ?

18 – Est-ce qu’on peut habiter le rêve de quelqu’un d’autre, ou rêver à la place de quelqu’un et le faire entrer dans son propre rêve, si il est d’accord, ou s’inviter dans un rêve qui n’est pas à soi si on est fatigué de rêver ou si comme à la question 13, on a un rêve un peu bizarre qui a besoin de soutien ?

19 – Est-ce qu’un rêve est inoffensif et gentil, ou peut-il être manipulateur, faire du mal alors qu’on le croit rassurant, est-ce qu’un rêve peut être immoral ?

20 – Est-ce qu’il y a des rêves sales, moches, hirsutes, mal rasés, mal habillés, mal rangés, est-ce que c’est la façon dont on les utilise qui les salit ?

21 – Où est passée la onzième question ?

22 – Est-ce que parler d’un rêve épuise son énergie, de telle sorte qu’il sera plus difficile de le réaliser, est ce qu’un grand rêve doit rester secret ?

23 – Est-ce que certains rêves sont solitaires, comme il y aurait des rêves collectifs ?

24 – Est-ce que l’amour des rêves est le même que celui qui apparait dans la vraie vie, peut-on partager un rêve d’amour et le rendre concret, rencontrer la personne de son rêve d’amour est-ce uniquement une légende pour enfant ?

25 – A quoi servent les rêves s’ils ne se réalisent pas ?

26 – Y-a-t-il des rêves plus fous que les autres, des rêves plus aptes à prendre vie, des rêves à abandonner, des rêves raisonnables, des rêves réalisables et des rêves impossibles ?

27 – Est-ce qu’il y a des rêves programmés comme il y a des vies tracées d’avance, des rêves dont on ne peut pas s’échapper, qui seraient comme une mauvaise donne, des rêves qui auraient perdus leur libre arbitre, contre lesquels on aurait aucune marge de manœuvre, qui ne seraient pas responsable de ce qu’il rêvent, des rêves aliénés ?

28 – Est-ce qu’un rêve est fait pour fuir ?

29 – Pourquoi le rêve et la réalité sont la plupart du temps en contradiction, et qu’il faut pour supporter la réalité se réfugier dans les rêves et pour réaliser ses rêves se battre contre la réalité ?

30 – Est-ce que les fées exaucent les beaux rêves des enfants, et si elles ne le font pas, est-ce que des sorcières, à leur place, prédisent les mauvais ?

31 – Est-ce qu’il y a des rêves gagnants et des perdants, ceux qui remportent les victoires et ceux qui échouent, les rêves qui franchissent les lignes d’arrivée, et ceux qui n’ont pas assez de muscles ?

32 – Est-ce que certains rêves sont mieux entrainés pour la réalité, y-a-t-il des rêves aidés, sponsorisés, financés et des rêves qui n’ont pas les moyens, des rêves pauvres et des rêves riches ?

33 – Est-ce que les rêves vieillissent avec les enfants ?

34 – Est-ce que les rêves respectent la classification sociale, rêves bourgeois, ouvriers, rêves en chefs, rêves nobles, rêves éboueurs, prisonniers, enseignants, commerciaux, techniciens, paysans,  soignants, chercheurs, ou est-ce que les rêves sont inclassables et n’appartiennent à aucune catégorie ?

35 – Est-ce qu’un rêve qui se réalise est détruit, recyclé dans un autre rêve ou disparait-il une fois qu’il ne sert plus, est ce qu’un rêve réalisé est encore utile ?

36 – Est-ce que les rêves se mélangent comme les enfants mixtes, de toutes les couleurs, religions, ou pays ?

37 – Est-ce qu’il y a des rêves intelligents et des rêves idiots, des rêves déficients à qui ils manquent une case et des rêves surdoués ?

38 – Le rêve parfait existe-t-il, est-ce que ce sont les rêves parfaits qui se réalisent ?

39 – Est-ce qu’un rêve engendre d’autres rêves ?

40 – Est-ce que qu’il y a des rêves qui prennent des risques et des rêves douillets réfugiés dans le confort, des rêves révolutionnaires qui partent aux batailles et des rêves conformistes qui veulent que rien ne change ?

41 – Que risque un rêve, être enfermé, enchainé, aliéné, perdre sa liberté, être occupé, censuré, politisé, récupéré, devenir démagogique, être détruit ou réalisé ?

42 – Est-ce qu’on doit maitriser son rêve, ou faut-il en devenir l’esclave ?

43 – Y- a-t-il une file d’attente des rêves, un ordre de réalisation favorable, des priorités vitales, des passes droit, des urgences, d’autres qui ouvrent les portes alors il faut les rêver en premier ?

44 – Qu’est ce qui empêche un rêve se réaliser s’il est techniquement possible de le concrétiser ?

45 – Est-ce que beaucoup de rêves légers sont préférables à peu de rêves d’une grande densité, ou beaucoup de rêves denses à peu de rêves légers ?

46 – Est-ce que la place qu’un rêve prend dans le cerveau empêche à toutes les aptitudes à la réalité de se déployer sans entraves ?

47 – Y-a-t-il des rêves courageux et des rêves qui ont peur, des rêves très très très timides qui voudraient se réaliser quand même, des rêves mégalomaniaques qui se cassent la gueule, des rêves effondrés et d’autres qui se relèvent après chaque gamelle ?

48 – Est-ce que certains rêves finissent par renoncer à force de ne pas se réaliser, y-a-t-il des rêves plus tenaces, ambitieux, des rêves têtus et des rêves qui font les choses à moitié, des rêves qui attendent derrière les fenêtres et d’autres qui partent à l’aventure et disent peu importe, peu importe ce qui se passera ?

49 – Y-a-t-il des rêves déçus qui embêtent les autres, des vieux rêves aigris qui empêchent de tourner en rond ou de faire la place aux jeunes rêves ?

50 – Y-a-t-il des rêves couronnés, des rêves qui portent une auréole, des rêves sacrés qui resteront des idoles et des rêves terre à terre qui ont le désir de se coltiner la réalité et accepte leur future trivialité de rêves réalisés ?

51 – Est-ce qu’on fait les mêmes rêves dans une chambre ou un salon, dans un lit ou sur un fauteuil, une maison ou un appartement, une péniche ou un paquebot, au Vénézuela ou en Allemagne, dans un jardin ou une grotte, une prison ou un château, chez soi ou en voyage, quand on dort ou quand on est réveillé, à côté d’une personne qu’on aime ou loin d’elle ?

52 – Est-ce qu’il y a des rêves vides, des rêves absurdes, des rêves qui n’auraient pas de sens mais qui pourraient se réaliser quand même ?

53 - Est ce qu’il y a des rêves trop denses, trop lourd comme un fichier informatique saturé ou un programme trop complexe qui aurait des bugs sans cesse ?

54 – Est-ce qu’il y a des rêves réveillés et des rêves qui restent endormis, par exemple des rêves de belle au bois dormant oubliés parce que le prince ne serait jamais venu la réveiller ?

55 – Qu’elle est la différence entre le rêve et la prière, est-ce que les rêves sont les brouillons des prières, commence-t-on à rêver après les prières en attendant qu’elles se réalisent ?

56 – Est-ce que certains rêves crient plus fort que les autres, ont du charisme et s’imposent même si ils sont un peu lourds et grossiers, aiment faire parler d’eux et disent toute la vérité, ou est-ce que légers telles les toiles d’araignées, fragiles et forts comme des murmures, ils n’ont pas besoin d’être hurlé pour qu’on les entendent, préfèrent un auditoire restreint et aiment les mystères ?

57 – Est-ce qu’un rêve doit respecter les règles de l’art pour se concrétiser, y-a-t-il un parcours précis où il faudrait franchir les portes dans un ordre déterminé et respecter un cahier des charges scrupuleux, y-a-t-il des rites importants à honorer, des gestes magiques, des cérémonies, ou faut-il oublier tout ce qu’on sait pour l’atteindre, franchir les limites, abattre les barrières, se laisser guider, faire confiance tout en forçant les passages sans savoir ce qu’ils cachent ?

58 – Est-ce qu’on peut atteindre son rêve sans faire exprès, comme un cadeau gratuit, ou faut-il se résoudre à une vie de labeur, de foi et de sueur avant d’y avoir droit ?

59 – Est-ce que le rêve est une carotte pour les ânes ?

60 – Y-a-t-il des faux rêves, des rêves faussaires en habit de rêves, qui sont en fait des déguisements, des rêves en cartons, et les vrais rêves, ceux qui ne trahissent jamais, qui ne font pas semblant de rêver ?

61 - Est ce qu'un rêve mérite ce qui lui arrive ?



myriam eyann


 
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Vendredi 12 septembre 2014
Le nerf de la guerre

Samedi 19 juillet 2014 – 13h28 –Vitry
 
La créativité est –elle accessible à tout le monde ? Est-ce que tout le monde a les capacités de créer ? Tout le monde en a-t-il besoin ? Qu’est-ce que signifie créer d’ailleurs ? D’où provient l’acte créatif, quelle est son origine ? Créer est-il une passion ou une nécessité ? Quelle est la différence entre l’amateur et le professionnel ? Y-a-t-il autant de réponses et de nuances que d’individus créatifs ?
Toute réponse en carton est nulle et non avenue.
De temps à autre, une surchauffe d’oreille, vertiges associés, nausées, on se croirait dans les lacets de la grande montagne Un défaut de fabrication m’a ôté toute possibilité de filtre, je n’ai jamais bien compris, une histoire d’attache dans l’oreille interne, le centre de l’équilibre, un petit bitoniau manquant, un genre de caoutchouc, au cas où.
 
 
 
Trouver une solution acceptable à mon utopie personnelle justifie l’existence des questions précédentes. Passer mes journées à créer, ne faire plus que ça, dessiner, lire, écrire, réfléchir à mes projets, maquettes, esquisses, les creuser comme des galeries jusqu’à mon trésor, même en secret.
Les recadrages sur la rentabilité que doit comporter toute vie, la capitalisation, la réussite, tout ce qui pourrait concerner l’amoralité d’une telle activité et la caractérisation de paresse, d’inutilité sociale, de mégalomanie, d’inconscience, ou de rébellion, ne m’intéressent pas et ne répondent pas à la question posée.
Il ne me convient pas d’être incomprise, de croire à une part maudite qui me définirait, ou d’échafauder un mythe de personnalité farfelue et incontrôlable qui composerait mon identité.
Je me fous pas mal de tout ça.
J’aimerai ne pas me soucier du message transmis ou à transmettre, de ce qu’on pensera de mon travail, savoir si je plais ou non, si mes propos sont politiquement correct ou choqueront, faire partie du milieu artistique ou avoir les capacités à fondre parmi un cercle de pairs, les moyens de ne plus me soucier de mon loyer, ma nourriture ou mon confort, de mes vacances, ma santé, avoir les moyens de cette vie différente, vendre bien ou mal mes créations, avoir la bonne côte, faire le nécessaire pour me présenter, jouer le jeu, réaliser un chef d’œuvre ou être en train de le composer, y réfléchir ou l’envisager, y rêver ou en être hantée.
Je me fous pas mal de tout ça. Même si il faut résoudre les équations.
Pourquoi ce désir d’un dessin qui durerait le restant de mon existence ?
La réponse est ma clef secrète pour la première porte qui permettra d’accéder à la seconde, puis la troisième, et les suivantes. Construire mon projet sans qu’il soit perçu comme une fuite, un renoncement, une cachette usurpée et non méritée, ce que je veux, ce que je ne veux pas, les bornes à découvrir, au milieu de mes guides, en les oubliant parfois, pourtant, c’est ma propre vie que je construis. Ni autorisation, ni justification, mais reconnaissance.
 
 

L’argent je l’appelle le nerf de la guerre, le deuxième carburant, sans lui tout est différent.
Limiter les moyens et le confort est possible, il ne s’agirait que d’un crayon et d’une feuille (ma chance ! la peinture coute bien plus chère !), une ascèse sans doute tout à fait louable, les outils réduits à leur plus simple expression rendrait à la création artistique une fraicheur perdue dans la luxure - il faut lâcher le gros mot -  qui pervertit toute imagination.
L’argent seul peut procurer le temps et l’orgie de performances techniques qui repoussent les limites de ce qui peut être rêvé. On n’aurait pas construit les cathédrales, le radeau de la méduse, le plafond de la chapelle Sixtine, n’importe laquelle des sept merveilles, les carrières, les œuvres, on n’aurait rien fait.
Prendre place nécessite une énergie démesurée à certains moments. On voudrait presque croire que rester dans les cavernes est confortable. Etre de son temps, prendre son temps, durer dans le temps, conjuguer les temps, être de tous les temps, et le temps passe.
Pour l’endettement, on finit par adapter ses dépenses, il y a des années que je ne fais plus mes comptes - malgré ma formation je suis particulièrement mauvaise en calcul mental, demandez moi ce que font seize et vingt-et-un pour me faire craquer, il m’est impossible de dépasser le stade de l’addition. Non pas que je remette en cause ce que ça coute. Pour tout dire en fait, de plus en plus souvent, quand j’y pense, quelle que soit la dépense et l’achat, comprendre ce que je paye reste particulièrement confus. Ce n’est pas que je refuse d’y mettre le prix, ou une histoire de luxe, se payer ce qu’on ne peut pas s’offrir, je suis la seule à savoir jusqu’où peut aller ma solvabilité.
 
 

A mon avis, pour ce que ça vaut, n’importe quel individu voulant vivre de ses créations doit dénouer les énigmes, à sa manière, bonne ou mauvaise, choisir de les édulcorer, les galvauder, les laisser ouvertes ou fermées, tels les mystères.
La posture qui conviendrait serait une oscillation, un poids dans le ventre, une masse indélogeable qui permettrait de tanguer, avant, arrière, d’un coté à l’autre, sans jamais tomber, une sorte de Bidibulle.
Oublier les figures de l’artiste mélancolique, miséreux, vaillant, travailleur, trouver la joie, la paix, le calme, j’ose parfois penser à ce qui le précède, et à la suite, un sourire sur les lèvres.
Le terme vivre est inapproprié, je vis déjà de mes créations sans qu’elles n’assurent ma subsistance matérielle. On peut tourner le problème en tous sens pour ne pas avoir à se coltiner au reste, matérialité, moyens techniques, regard, reconnaissance, valeur, don sacré, talent, ou pire, la vocation. Un guerrier sans cheval ne part pas à la bataille, il peut rester à l’arrière et astiquer son armure, peaufiner ses plans de campagne, ou rêver que la guerre ne le concernera jamais.
Celui qui ne veut pas se prendre la tête qu’il se la prenne pas.
 
 

On ne crée pas pour vendre, mais pour créer il faut vendre. A part quelques exceptions, c’est historiquement notoire. Créer n’est pas ma passion mais ma nécessité. Le parasitage que constitue l’action d’y mettre un prix ou d’imaginer la moindre valeur à son travail, le temps perdu de toute façon dans une multitude d’obligations, l’histoire de la poule aux œufs d’Or, accepter qu’il y a un marché aux tripes (j’emprunte l’expression à Jean Rochefort), écouter ou faire la sourde oreille, se frotter à tellement de mauvaises ondes sur la fréquence qu’on n’arriverait plus à écouter celle sur laquelle on peut émettre, la perdre est un risque, la trouver également.
La qualité d’écoute dépend du matériel que l’on se paye, à bientôt 46 ans je sais ce que ça coute, et la hifi haute gamme est dans mes moyens, ça permet une finesse de réception agrandie, même si le temps de formation pour ajuster l’oreille interne est très long, et l’achat du bon décodeur impose un crédit sur vingt ou trente ans. Les appareillages d’oreilles sont une technologie de précision. Parfois, j’avoue, j’en profite, mais c’est quand même la moindre des choses. D’autres fois je chope une fréquence qu’il n’était pas prévu d’entendre. Tant pis. Il vaut mieux écouter que d’être sourd, même si il n’est pas utile d’être sur écoute en permanence - ça use les oreilles.
 

 
Peut-être est-il plus simple de ne rien résoudre, après tout, les efforts pour faire partie de ce qu’on n’est pas censé être, revendiquer une identité qui n’existe que pour soi, accepter inévitablement de paraitre à la plupart des yeux, et puis trouver les moyens, mettre la main sur ce put... de nerf de la guerre, si seulement on le vendait à la FNAC celui-là, au moins avec ma carte de crédit je me le serais payé ! A quoi bon, dénaturer mes gestes et mes intentions, affronter le contre-courant, tout ce qui empêche de nager librement, est ce que je suis assez solide, est ce qu’il y a assez de muscles dans un corps humain pour traverser la manche à la nage, pour renoncer il n’y a que des prétextes.
 
 

Certaines personnes ont de la crasse dans les oreilles. Il n’est pas question de propreté ici mais de moralité. On dit que c’est mal de ne pas se laver, on mélange tout, si le bien restait à sa place on saurait où le trouver. Ma sœur lance régulièrement la boutade, y’a que les gens sales qui se lavent.  Même en essayant de ne pas me laver, ça ne marche pas, le truc des oreilles bouchées, ça ne marche pas. 
 
Je n’aime pas nager, je n’aime pas les muscles, je n’aime pas les cartes de crédit, je n’aime pas le nerf de la guerre, je n’aime pas jouer, je n’aime pas les obligations, je n’aime pas les parasites et les guerriers sans chevaux, je n’aime pas les contraintes, je n’aime pas les questions et les équations, je n’aime pas le dédale des labyrinthes, je n’aime pas les réponses.
Aucun Stroumpf ne stroumpfe le Stroumpf Noir.
 


myriam eyann

 
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Humeur

Il y a des auteurs qui écrivent avec de la lumière, d'autres avec du sang, avec de la lave, avec du feu, avec de la terre, avec de la boue, avec de la poudre de diamant et enfin ceux qui écrivent avec de l'encre, les malheureux, avec de l'encre tout simplement.

Pierre Reverdy, Le livre de mon bord